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Programme et protocole

Le workshop ART&FACTS s'inscrit dans un module "Critique de la Comptabilité". 

Outre le workshop créatif, le module comporte trois demi-journée d'approfondissement.

 

Télécharger le programme  ici.

 

 

Pédagogie de la recherche par la création

La méthode s’inscrit dans la mouvance de la pédagogie active : pédagogie par situation-problème, apprentissage par simulations, ainsi que dans l’exigence de diffusion et de valorisation de la connaissance et de la recherche. Elle participe en particulier des expériences de médiation de la connaissance par voie d’exposition et appui sur des formes d’expression esthétiques (films, vidéo, théâtre, ….) (VIIe colloque QPES : Questions de Pédagogie dans l’Enseignement Supérieur - Les innovations pédagogiques en enseignement supérieur : pédagogies actives en présentiel et à distance), Sherbrooke, 2013 ; Lloyd et Hill 2015 ; Mack 2013 ; Rooney 2004). 

Les actions pédagogiques consisteront à susciter une expression complexe des savoirs, en mobilisant tous les registres de la représentation : discursive, visuelle, corporelle, émotionnelle. Il s’agira pour les étudiants de produire une « exposition » de leurs réflexions et de leurs idées, matérialisée par des présentations mises en forme et travaillées sur le plan esthétique autant qu’intellectuel ou technique.

Les étudiants seront guidés par un artiste spécialiste du management (docteur en art et en gestion) tout au long du projet pour être en mesure de penser leur discipline autrement et d’exprimer leur réflexion de manière créative. L’annexe 3 présente la mise en œuvre et les résultats attendus.

La découverte, l’exploration et l’exercice de leur capacité de création dans des domaines qui leurs sont a priori étrangers induit chez les étudiants un approfondissement de leurs motifs d’engagement et d’exigence dans leur discipline propre.

 

Art et enseignement

Alors que les notions de créativités et d’inventivité sont de plus en plus mis en avant dans les mondes de l’entreprise et de la gestion, on assiste à des rapprochements inattendus. Les étudiants de la session 2015 exprimaient leur conception du contrôle de gestion en expliquant qu’il s’agissait d’assimiler des normes, objectives et impersonnelles, pour pouvoir par la suite les renouveler, les rendre plus adéquates, plus efficaces… on pense à l’attitude qu’adoptent les poètes face à la structure qu’est une langue.

L’activité artistique implique une attitude propice à desceller dans et par les formes toute une cosmologie d’éléments qui fonctionnent comme les composants d’un vocabulaire. C’est ce qu’on pourrait appeler sa « fonction cognitive ».  À ce titre, elle tend intrinsèquement à échapper au cloisonnement dont les catégories sociales et les disciplines universitaires sont le plus souvent l’objet. Les artistes d’avant-garde du 20e siècle, comme Robert Filliou, prônaient la transdisciplinarité et l’abandon des catégories arbitraires qui régissent nos modèles sociaux. Et l’on voit bien aujourd’hui que les domaines les plus variées, industriels, scientifiques, commerciaux, vont dans ce sens. Il s’agit d’être prêt à remettre en cause les présupposés et à faire preuve de réceptivité et de mobilité d’esprit pour admettre l’imprévisible, l’erreur féconde et la remise en question.

« L’étude et la production des formes est l’étude des idées et concepts qui préside à leur création ».

Dés lors, on voit que ce workshop atypique participe d’une rencontre moins incongrue qu’il n’y paraitrait de prime abord. Il s’agit en fait d’employer les outils que l’on attribue à l’art en tant que vecteurs de production d’un regard et d’une expression critique, sans chercher à opposer la pratique et l’esthétique, mais bien en considérant les questions formelles comme des éléments de recherche à part entière.

Quand Harald Szeemann propose, en 1969 l’exposition « Quand les attitudes deviennent formes », il met en avant l’idée que derrières des choix plastiques, ce sont des rapports au monde qui s’expriment. 

D’un autre côté, les artistes contemporains doivent s’inventer, en plus de leurs œuvre, toute une économie (comment gagner sa vie, à quel public s’adresse-t-on, etc.) Ces choix les inscrivent dans des réalités concrètes, économiques, sociales,  et même morales, loin de la marginalité dépeinte par une certaine image d’Epinal.

L’espace de liberté inattendu qui ouvre cette année le master 2 marque pour les étudiants la transition vers une application plus active et plus engagée des acquis de leur formation, où l’autonomie et la force de proposition sont les éléments essentiels d’une appropriation des enjeux propres à leur futur environnement de travail. Accompagnés par des artistes professionnels issus de l’école nationale supérieure des beaux arts de paris, ils ont la possibilité de reconnecter les connaissances acquises jusqu’alors avec une mise en pratique inhabituelle, dont le dialogue est un des composants essentiels.